Jouer avec les handicaps : adopter la bonne technique
Jouer au turf est difficile, car de nombreux paramètres entrent en compte : la musique du cheval d’un part, la forme de celui-ci, la côte probable qu’il aura… Parmi ces éléments, l’handicap porté par le cheval est crucial pour vous permettre d’évaluer celui-ci et le placer ou non dans votre pronostic.
Qu’est-ce que le handicap ?
A l’origine, le handicap était une compétition entre chevaux en 1754. Ce mot nous vient de l’anglais, « hand » = main, et « cap » pour chapeau : on misait alors dans des chapeaux.
Aujourd’hui, le handicap d’un cheval dans une course est la pénalité qui lui sera ou non donnée, en fonction de ses performances. Celui-ci est de nature pondérale pour les courses de trot monté et les courses de galop. Pour ce faire, on pèse le jockey et sa selle, et selon leur poids, on lui ajoute une certaine masse en fonction des performances du cheval pour que celui-ci ait à supporter un poids déterminé à l’avance. On dit alors que le jockey doit « faire le poids ».
Au trot, attelé, on retient come handicap la distance, fonction également des performances du cheval. Celui-ci subira un recul de 25m, 50m ou 75m selon ses capacités.
Comment sont déterminés les handicaps ?
On oppose deux types de handicap, ou plutôt deux manières d’imposer un handicap :
- d’une part, pour les courses « classiques » réunissant les courses nationales, européennes, internationales et les courses de Groupe. La philosophie du handicap est alors d’équilibrer la course : on différencie mâle et femelle, jeunes et chevaux plus âgés. Une répartition des poids se fait en fonction des genres et de l’âge du cheval. Ainsi, les chevaux mâles et plus âgés déchargent les juments et chevaux moins expérimentés. Ce genre d’handicap ne prend pas en compte les performances du cheval, et ceux-ci peuvent donc encore compter sur leurs qualités pour faire la différence sur la piste.
- D’autre part, pour les courses à handicap. On regarde alors les performances des chevaux, et celles des jockeys : on cherche ainsi à égaliser les chances entre les concurrents pour rendre les paris plus attractifs et la course plus incertaine.
Les handicaps sont fixés par le handicapeur, qui regarde les performances de chevaux et les juge en regard de celles-ci, ajoutant ou retirant du poids à différents chevaux. Il est souvent pris à parti par els entraîneurs, car sa mission est délicate : son rôle est en effet de mesurer précisément les capacités d’un cheval afin que celui-ci ne soit pas défavorisé outre mesure sur la piste hippique.
Pour évaluer un cheval, le handicapeur lui attribue une valeur. Plus le cheval excelle à différentes compétitions, plus il se voit attribuer une valeur élevée qui entraînera une surcharge à sa prochaine course. A l’inverse, le cheval qui ne s’est pas illustré se verra enlevé progressivement du poids.
Entraîneur et handicapeur : le jeu du chat et de la souris
On l’aura compris, tout le jeu pour l’entraîneur est de voir son cheval avec la valeur minimale possible pour que celui-ci soit peu ou pas chargé. Il a donc à cœur de faire courir son cheval sur différentes courses : les courses où le cheval doit s’imposer, et celles où il doit perdre, pour faire tomber sa valeur et son handicap.
L’entraîneur choisit ainsi avec soin les courses sur lesquelles son cheval doit concourir. Certaines n’ont en effet pour but que de faire perdre de la valeur à son cheval, et donc de diminuer son poids. L’entraîneur doit donc évaluer les risques de faire courir son cheval dans une course (risque de blessure…). Un cheval qui court sur une distance qui ne lui est pas habituelle, ou sur un parcours qu’il n’apprécie pas sera automatiquement en situation de faiblesse et pourra donc potentiellement perdre, d’où une baisse sur l’échelle de valeur.
L’handicapeur doit donc redresser ces résultats et étudier les raisons de défaite d’un cheval, afin d’estimer au mieux la valeur de celui-ci. Son intérêt est que le cheval ait l’handicap le plus juste possible, contrairement à l’entraîneur qui cherche à mettre du côté de son cheval toutes les chances possibles.
Ajuster son pronostic en fonction de l’handicap
Il faut savoir étudier avec précisions l’handicap d’un cheval pour déterminé si celui-ci est bien placé ou mal placé. En s’appuyant sur la référence fournie par l’handicapeur, il faut réussir à déterminer les chevaux étant dans la même catégorie que ce cheval, et de voir si son niveau est sur ou sous-estimé.
Grâce au site de France Galop, on peut trouver les courses passées et à venir, avec les références des chevaux sur chacune d’entre elles et le handicap joint. On peut donc comparer le palmarès du cheval lié à son handicap, et découvrir les différentes valeurs où le cheval s’est illustré. On peut ainsi voir se découper le potentiel du cheval pour un handicap donné.
Il vous revient alors de regarder les adversaires et les valeurs qui leurs sont attribuées pour voir se dessiner la course. On prend souvent comme « base » qu’un handicap d’un kilog équivaut à une longueur sur une distance de 1600m.
Sur les courtes distances et même celle plus longues, le poids ne détermine pas tout. Il faut aussi tenir compte de la forme du cheval, de son aptitude au parcours, de la position de la corde par rapport au cheval, du terrain et de l’aptitude du cheval au terrain, de la forme de la piste (les lignes droites, les tournants…). Cependant, certains chevaux ont ce que je qualifierai un « poids idéal » avec lequel ils excellent.